Elista, capitale de la Kalmoukie, seule région bouddhiste d’Europe

Elista, au sud-ouest de la Russie, à 4 heures de voiture de Stavropol, de Volgograd et du Kazakhstan

Elista

Elista, 100 000 habitants, est la capitale  de la république de Kalmoukie au sud-ouest de la Russie et administrée par celle-ci. A seulement 4 heures de voiture au sud de Volgograd Elista vous parachute dans un autre monde: c’est une ville de steppe, d’échecs (le jeu), de bouddhisme et de chaleur humaine dans laquelle on se sent bien.

Qui sont les Kalmouks ?

Originellement les kalmouks sont  des Torgut, du nom de leur tribu, descendants des mongols établis dans les steppes de l’Altaï où ils menaient une vie nomade. Une politique d’alliance malheureuse avec d’autres tribus amène les Torgut à migrer vers l’ouest en 1616 dans la basse Volga. 

Au 18ème siècle certains entreprennent un retour, tandis que ceux qui restent deviennent des « Kalmouks », littéralement « ceux qui sont restés ». Ils se sédentarisent au fil des différents régimes soviétiques avant d’être tous déportés au goulag par Staline. Seule la moitié d’entre eux survivra et reviendra en terre Kalmouke en 1947.

Leur langue et leur culture demeurent bien vivaces. Preuve en est que la Kalmoukie est à ce jour la seule région bouddhiste d’Europe !

L’hyper-centre d’Elista

L’hyper centre d’Elista est un drôle de mélange: des constructions récentes et bien souvent colorées côtoient des bâtiments de l’époque soviétique, le tout bordé de grandes allées impeccablement asphaltées, au détour desquelles on tombe sur des maisons en bois, une pagode, un Bouddha où encore un échiquier géant.

L’un des emblèmes bouddhistes d’Elista: la fameuse pagode des 7 jours qui trône en son centre. Elle est dressée là pour protéger des mauvais esprits. On peut également insuffler au monde des prières bienveillantes en faisant tourner 3 fois dans le sens des aiguilles d’une montre le gros moulin à prière qui se trouve en son centre
Le « Golden gate » l’une des portes d’entrée de la ville toujours façon pagode
Bouddha
Immeuble d’architecture récente, mélange de briques rouges et de rose pâle…
Immeubles d’architecture soviétique
Petite maison en bois toujours habitée

Le grand monastère bouddhiste

Inauguré en 2005 et béni par le Dalaï-lama himself lors de sa construction, il est également appelé temple d’or du Bouddha Shakyamuni. C’est le plus grand monastère bouddhiste d’Europe.

En Kalmoukie les monastères sont appelés хурул (khurul). A l’intérieur se trouve un grand bouddha doré qu’il est interdit de photographier alors je vous laisse googler.

Entrée principale du monastère
Une multitude de drapeaux de prières (en tibétain) sont accrochés au portail
Le Dalaï-lama, figure incontournable pour les Kalmouks qui n’hésitent pas à l’afficher en 4×3. Il s’est rendu par trois fois en terre Kalmouke, en 1991, 1992 et 2004 pour bénir le monastère lors de sa construction.

Le musée national

Chaque petite république de Russie possède son musée national qui revisite l’histoire, la culture et les traditions locales. On y trouve donc des informations sur les nomades, la faune locale, l’histoire de la Kalmoukie et de son peuple.

Intérieur d’une yourte
Costumes traditionnels Kalmouks
Le musée se trouve dans un bâtiment moderne, agréable et lumineux
Les combattants Kalmouks lors de la 2ème guerre mondiale
Bouddha et Thangka (peintures bouddhiques)
Ici un Thangka représentant le Potala, ancien palais d’hiver des Dalaï-Lamas à Lhassa (Tibet)

Chess city, la cité des échecs

Les échecs sont un sujet très sérieux en Kalmoukie, c’est LE sport cérébral national. On l’enseigne aux enfants dès 4 ans, ils deviennent ensuite une matière obligatoire à l’école à raison de deux heures par semaine entre 6 et 16 ans.

C’est Kirsan Iliumjinov, président à la tête de la république de Kalmoukie de 1993 à 2010 également président de la fédération internationale d’échecs de 1995 à 2018, ancien champion de Kalmoukie à l’adolescence et surtout grand fanatique de ce jeu qui a eu l’idée de construire, à la sortie de la ville, Город шахмат, également appelée Chess City, la cité des échecs pour y accueillir les olympiades des championnats par équipes de 1998.

Chess City c’est un complexe comprenant des salles de compétitions, des résidences dernier cri, un hôtel, une piscine et surtout un petit musée qui abrite toutes sortes de jeux d’échecs, dont certains vraiment originaux !

Entrée du musée des échecs
Champions et championnes du monde
Les espoirs de Kalmoukie
En verre
Pions en bois en forme de chevaux, de yourte et d’animaux sauvages
Pions en métal sur le thème du forage pétrolier, ils ont même poussé le vice jusqu’à mettre des pompes à essence
Version luxe
Jeu d’échecs à base d’écrous, de vis et de boulons
Mon préféré, le jeu d’échecs politique
De gauche à droite: Hugo Chavez, Fidel Castro, Bénazir Bhutto, Vladimir Poutine dans le rôle du roi, Ahmadinejad. et au premier plan: Khadafi
De droite à gauche: Angela Merkel, Condolezza Rice, Georges Bush, Jacques Chirac, Junichiro Koizumi et au premier plan Howard
Jeu d’échecs Kalmouk en forme d’animaux qui se joue sur un tapis de feutre
Résidences au sein de la cité des échecs

Stupa de l’éveil

Tout près de la cité des échecs, inauguré en 1999, ce stupa (reliquaire d’architecture bouddhiste) est le premier stupa de la Kalmoukie post-soviétique.

Drapeaux de prières sur fond de constructions soviétiques

Le reste de la ville

Autour du Stupa et de Chess-City, à la sortie de la ville côté Est, les nouvelles constructions pullulent. Des résidences modernes poussent comme des champignons au beau milieu de la steppe.

Statue à Elista

Mon quartier

Je n’étais pas logée dans l’hyper-centre mais dans une guest house chez l’habitant au sud de la ville.

Vue sur Elista de ma rue
Les tuyaux de gaz de la ville

Invitation chez les voisins

En Kalmoukie il est vraiment facile de se lier avec les gens, dès le premier soir j’ai rencontré plusieurs voisins, certains m’ont même invitée dans leur famille. Quel accueil, quelle gentillesse, quelle authenticité et quels échanges !!!

Quelques instants après cette photo ce fût le drame, Darsan, le fils de la famille âgé de 7 ans, avait prévu de me défier aux échecs (dans le but de m’écraser bien sûr) mais quand je lui ai expliqué que je ne savais pas jouer, il a été tellement déstabilisé qu’il en a pleuré pendant 20 minutes
Tsagana, le bébé sumo, en pleine dégustation de Pelmeni
Saglara 11 ans, a joué plusieurs morceaux de violon sous le regard bienveillant de Baïr, son père
Saglara, Kermen (la maman) et Tsagana (le bébé sumo)
Après l’école tous les enfants de la rue jouent entre eux et ils sont tous très bien élevés et super sympas et le contact est très facile à nouer !

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